Publié le 28 juin 2026 · Mis à jour le 28 juin 2026
TVA dans le BTP : tous les taux par type de travaux en 2026
1 200 euros. C'est le montant du rappel de TVA qu'a subi Marc, artisan plombier dans le Rhône, après avoir appliqué un taux de 10 % sur des travaux de construction neuve soumis au taux normal de 20 %. L'erreur, commise sur cinq factures en six mois, a été identifiée lors d'un contrôle fiscal de routine. Marc a dû reverser la différence de TVA, augmentée des intérêts de retard.
La TVA dans le BTP n'est pas un sujet simple. Trois taux coexistent — 20 %, 10 % et 5,5 % — et le bon taux dépend du type de travaux, de l'âge du logement, de la nature de la prestation et du statut du donneur d'ordre. Une mauvaise application expose l'artisan à un redressement fiscal, même si l'erreur est commise de bonne foi.
En 2025, une réforme majeure a modifié les formalités : l'attestation simplifiée Cerfa (formulaires 13947 et 13948) a été supprimée depuis le 1er mars 2025 par l'article 41 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025. En 2026, l'arrivée de la facture électronique obligatoire rend chaque erreur de taux immédiatement visible pour l'administration. Ce guide détaille les trois taux, leurs conditions d'application, les changements récents et les erreurs à éviter.
À retenir
- 3 taux de TVA coexistent dans le BTP : 20 % (construction neuve), 10 % (rénovation/amélioration, logements > 2 ans), 5,5 % (performance énergétique).
- Attestation Cerfa supprimée depuis le 1er mars 2025 : une mention sur le devis ou la facture la remplace. Aucune formalité pour les travaux < 1 000 € HT.
- Autoliquidation en sous-traitance : le sous-traitant facture HT, le donneur d'ordre déclare et reverse la TVA (article 283-2 nonies du CGI).
- Risque financier réel : un taux mal appliqué entraîne un rappel de TVA + pénalités de 10 à 40 % selon la qualification.
Quels sont les trois taux de TVA applicables dans le BTP en 2026 ?
Le secteur du bâtiment est l'un des rares à appliquer simultanément trois taux de TVA différents. Le taux applicable dépend de trois critères croisés : la nature des travaux (construction neuve ou rénovation), l'ancienneté du bâtiment (plus ou moins de deux ans) et la destination du local (habitation ou usage professionnel).
Voici la synthèse des trois taux en vigueur en 2026 :
| Taux | Type de travaux | Condition principale | Base légale |
|---|---|---|---|
| 20 % | Construction neuve, extensions, surélévations | Logement < 2 ans ou local professionnel | Article 278 du CGI (taux normal) |
| 10 % | Rénovation, amélioration, entretien, transformation | Logement > 2 ans, affecté à l'habitation | Article 279-0 bis du CGI |
| 5,5 % | Travaux de performance énergétique (isolation, PAC, fenêtres…) | Logement > 2 ans, travaux éligibles | Article 278-0 bis A du CGI |
Les taux réduits de 10 % et de 5,5 % ne s'appliquent qu'aux logements achevés depuis plus de deux ans et affectés à l'habitation. Un local commercial, un bureau ou un entrepôt restent soumis au taux de 20 %, quelle que soit la nature des travaux réalisés.
TVA à 20 % : quand s'applique le taux normal dans le bâtiment ?
Le taux normal de 20 % s'applique dans trois situations principales.
Construction neuve
La construction d'un bâtiment neuf — maison individuelle, immeuble collectif ou local professionnel — est intégralement soumise au taux de 20 %. Cela couvre les fondations, le gros œuvre, le second œuvre et les finitions. Il n'existe aucune dérogation pour la main-d'œuvre ou les matériaux dans le neuf.
Logements de moins de deux ans
Les travaux réalisés dans un logement achevé depuis moins de deux ans sont considérés comme des travaux sur du neuf au regard de la TVA. L'ancienneté se calcule à la date du début des travaux ou de la signature du devis, pas à la date de la facture. Un logement livré en septembre 2024 reste assimilé à du neuf jusqu'en septembre 2026.
Locaux à usage non résidentiel
Les travaux sur des locaux commerciaux, des bureaux, des entrepôts, des bâtiments industriels ou des locaux associatifs sont soumis au taux normal, indépendamment de l'âge du bâtiment. La destination du local prime sur sa vétusté.
Les travaux qui augmentent la surface de plancher de plus de 10 % sont requalifiés en construction neuve, même s'ils portent sur un logement existant de plus de deux ans. Une extension de véranda de 25 m² sur une maison de 100 m² bascule ainsi au taux de 20 %. De même, les travaux remettant à l'état neuf plus des deux tiers des éléments de second œuvre (planchers, cloisons, installations électriques, plomberie, chauffage) entraînent une requalification au taux normal.
TVA à 10 % : travaux de rénovation sur logements anciens
Le taux intermédiaire de 10 % couvre les travaux de rénovation, d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien sur des logements achevés depuis plus de deux ans (article 279-0 bis du CGI).
Quatre conditions cumulatives doivent être réunies :
- Le logement est achevé depuis plus de 2 ans à la date du début des travaux.
- Le logement est affecté à l'habitation (résidence principale, secondaire ou locative).
- Les travaux ne créent pas un immeuble neuf (pas d'augmentation de surface > 10 %, pas de remise à neuf de plus des 2/3 du second œuvre).
- L'artisan fournit et pose les matériaux dans le cadre d'un même contrat.
Exemples concrets de travaux éligibles au taux de 10 % :
- Réfection de la salle de bains (plomberie, carrelage, sanitaires)
- Remplacement d'une cuisine équipée
- Mise aux normes électriques
- Ravalement de façade
- Pose de cloisons intérieures ou remplacement d'un revêtement de sol
La main-d'œuvre et les matériaux sont tous deux éligibles au taux de 10 %, à condition que l'artisan fournisse et pose les matériaux dans le cadre d'un même contrat. Si le client achète les matériaux lui-même et fait appel à un professionnel uniquement pour la pose, seule la main-d'œuvre bénéficie du taux réduit — les matériaux achetés séparément restent à 20 %.
Selon le BOFiP (BOI-TVA-LIQ-30-20-90), les équipements qui peuvent être enlevés sans détériorer le bâtiment ne sont pas éligibles au taux réduit. Un meuble de salle de bains fixé au mur est éligible ; un meuble simplement posé au sol ne l'est pas. Un électroménager encastrable est éligible si sa pose nécessite une adaptation du bâtiment ; un appareil indépendant sur prise ne l'est pas.
TVA à 5,5 % : les travaux de performance énergétique
Le taux super-réduit de 5,5 % cible spécifiquement les travaux d'amélioration de la performance énergétique des logements (article 278-0 bis A du CGI).
Travaux éligibles au taux de 5,5 % :
- Isolation thermique des murs, combles, planchers et toitures
- Remplacement de fenêtres (simple vitrage vers double ou triple vitrage)
- Installation de pompes à chaleur (air-eau, géothermiques)
- Chaudières à très haute performance énergétique (THPE)
- Systèmes de régulation du chauffage (thermostats programmables, robinets thermostatiques)
- Appareils de chauffage au bois (poêles, inserts) et chauffe-eau solaires
Les conditions de base sont identiques au taux de 10 % : logement de plus de 2 ans, affecté à l'habitation. Le périmètre de travaux est en revanche plus restreint : seules les prestations qui améliorent directement la performance énergétique du bâtiment sont couvertes.
Un point d'attention pour les artisans multi-corps de métier : la pose d'une pompe à chaleur est à 5,5 %, mais les travaux de raccordement électrique associés peuvent relever du 10 % s'ils ne sont pas directement liés à l'amélioration énergétique. La ventilation double flux bénéficie du 5,5 % lorsqu'elle accompagne une isolation ; elle relève du 10 % si elle est posée seule.
Sur un chantier mixte (rénovation classique + performance énergétique), l'artisan doit ventiler sa facture entre les postes à 10 % et ceux à 5,5 %. L'absence de ventilation correcte peut entraîner l'application du taux le plus élevé sur l'intégralité de la facture. Ce détail de facturation est précisé dans les mentions obligatoires facture BTP 2026.
L'attestation simplifiée Cerfa a-t-elle été supprimée ?
Oui. Depuis le 1er mars 2025, les attestations simplifiées Cerfa n° 13947*05 et n° 13948*05 n'existent plus. L'article 41 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 les a supprimées et les a remplacées par un dispositif plus simple : une mention portée directement sur le devis ou la facture.
Avant cette réforme, le client (maître d'ouvrage) devait remplir un formulaire Cerfa attestant que le logement avait plus de deux ans et était affecté à l'habitation. L'artisan devait conserver ce document pendant toute la durée de prescription fiscale pour justifier l'application du taux réduit en cas de contrôle. Le dispositif était lourd, mal compris et rarement complété correctement.
Depuis le 1er mars 2025, la mention de remplacement doit figurer sur le devis ou la facture et indiquer :
- L'adresse précise du logement concerné par les travaux
- La nature des travaux réalisés
- La confirmation que le logement est achevé depuis plus de deux ans
- La confirmation de son affectation à l'habitation
Exception : pour les travaux d'un montant inférieur à 1 000 € HT, aucune mention particulière n'est requise. Le taux réduit peut être appliqué sans formalisme spécifique. Au-delà de ce seuil, la mention est obligatoire et son absence peut entraîner la requalification au taux normal de 20 %.
Pour les artisans, ce changement simplifie le quotidien : plus besoin de faire signer un Cerfa au client avant le début des travaux. La responsabilité du taux reste cependant identique. Si l'artisan applique un taux réduit alors que les conditions ne sont pas remplies, c'est lui qui assume le rappel de TVA. Le détail des formalités est accessible sur entreprendre.service-public.fr.
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Les artisans qui relancent systématiquement leurs devis en attente signent davantage que ceux qui attendent un retour spontané.
Testez Payflo gratuitement →Autoliquidation de TVA : le cas particulier de la sous-traitance BTP
Quand un artisan intervient en sous-traitance — pour le compte d'un entrepreneur principal, pas directement pour le client final — le régime de TVA change radicalement : c'est le mécanisme de l'autoliquidation qui s'applique (article 283-2 nonies du CGI).
Le principe est le suivant :
- Le sous-traitant facture ses travaux HT, sans aucune ligne de TVA.
- Le donneur d'ordre (entrepreneur principal) déclare et reverse la TVA à l'administration fiscale.
- La facture du sous-traitant porte la mention obligatoire : « Autoliquidation — article 283-2 nonies du CGI ».
Ce mécanisme s'applique à chaque niveau de la chaîne de sous-traitance. Un sous-traitant de rang 2 facture en HT au sous-traitant de rang 1, qui facture lui-même en HT à l'entrepreneur principal. L'entrepreneur principal est le seul à facturer TTC au maître d'ouvrage (le client final).
Les taux de TVA (20 %, 10 %, 5,5 %) ne disparaissent pas en autoliquidation : c'est le donneur d'ordre qui les applique lors de sa déclaration de TVA, pas le sous-traitant. L'artisan sous-traitant n'a pas à déterminer le taux — il facture en HT et mentionne l'autoliquidation.
L'erreur la plus fréquente : un sous-traitant qui facture avec TVA par réflexe, alors que l'autoliquidation s'applique. Cette erreur déclenche un redressement fiscal car le donneur d'ordre ne peut pas déduire la TVA facturée à tort. Le guide complet sur ce mécanisme est disponible dans notre article autoliquidation TVA sous-traitance BTP.
Sophie, électricienne à Lyon, intervient à la fois en direct (pour des particuliers) et en sous-traitance (pour un constructeur de maisons individuelles). Pendant deux ans, elle a appliqué le même taux de TVA à 10 % sur toutes ses factures — sans distinguer les chantiers de construction neuve (20 %) de la rénovation (10 %). Ses factures de sous-traitance auraient également dû être émises en autoliquidation, sans TVA.
Lors d'un contrôle, l'administration a relevé un écart de 3 800 € de TVA sur les factures de construction neuve, plus un rappel de 1 400 € sur les factures de sous-traitance facturées avec TVA au lieu de l'autoliquidation. Après correction, Sophie a structuré son processus : elle détermine le taux applicable dès l'établissement du devis, segmente ses chantiers par régime fiscal et utilise Payflo pour automatiser le suivi d'encaissement de ses factures directes aux particuliers.
Attention — Payflo ne remplace pas votre logiciel de facturation et ne calcule pas les taux de TVA. Payflo intervient après l'émission de la facture pour automatiser les relances de paiement (devis et factures) par email et SMS. Le calcul du taux de TVA applicable et l'émission de la facture conforme restent de votre responsabilité ou de celle de votre logiciel de facturation et de votre plateforme agréée (PA).
Erreurs fréquentes et sanctions liées à la TVA dans le BTP
Les erreurs de TVA dans le BTP ne sont pas rares. Jusqu'à présent, elles apparaissaient principalement lors de contrôles fiscaux. Avec la facture électronique obligatoire dès septembre 2026, l'administration disposera d'une vision en temps réel des taux appliqués — les incohérences seront détectées automatiquement.
| Erreur | Conséquence | Qui est concerné |
|---|---|---|
| Taux de 10 % appliqué sur construction neuve | Rappel de TVA (différentiel de 10 points) + intérêts de retard | L'artisan émetteur |
| Taux de 5,5 % sur travaux non éligibles | Rappel de TVA + pénalité de 10 % (bonne foi) à 40 % (mauvaise foi) | L'artisan émetteur |
| TVA facturée en sous-traitance (au lieu de l'autoliquidation) | Redressement fiscal — TVA à reverser sans récupération possible | Le sous-traitant |
| Absence de mention d'autoliquidation | 15 € par mention manquante (plafond 25 % du montant facture) | Le sous-traitant |
| Absence de mention remplaçant le Cerfa | Requalification du taux réduit au taux normal (20 %) | L'artisan émetteur |
Le droit à l'erreur prévu par la loi ESSOC permet une exonération de pénalités lors de la première infraction d'un même type, si elle est corrigée spontanément ou dans les 30 jours suivant la notification de l'administration. Ce dispositif ne couvre pas les rappels de TVA eux-mêmes — uniquement les pénalités associées (majorations de 10 % ou 40 %).
Les sanctions sont détaillées aux articles 1727, 1728 et 1729 du CGI. Pour les pénalités de retard sur factures impayées entre professionnels — un sujet distinct mais complémentaire — consultez notre guide sur les pénalités de retard facture BTP.
Comment sécuriser vos factures et accélérer vos encaissements
Appliquer le bon taux de TVA protège votre entreprise sur le plan fiscal. Mais la conformité ne règle pas le problème qui préoccupe le plus les artisans du BTP : être payé dans les délais.
Le délai moyen de paiement dans le BTP atteint 49 jours en 2024 (Observatoire des délais de paiement, Banque de France), soit 19 jours au-delà du délai légal de 30 jours fixé par l'article L441-10 du Code de commerce. Quand la facture est fiscalement irréprochable mais que le règlement ne vient pas, c'est la trésorerie de l'artisan qui souffre.
C'est sur ce volet que Payflo, solution d'accélération d'encaissement pour artisans BTP, intervient. Une fois votre facture émise avec le bon taux de TVA et les mentions conformes, Payflo automatise la suite : relances programmées par email et SMS, suivi des ouvertures, lien de paiement direct par virement. L'onboarding prend 5 minutes, le plan de base est gratuit et ne nécessite aucune carte bancaire. Vous conservez votre logiciel de facturation habituel — Payflo se concentre exclusivement sur la relance et le suivi d'encaissement.
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